LECERF Éric et OGILVIE Bertrand, L’utopie

Semestre 2 
Jeudi 15h-18h
Master, Licence

Prologue du séminaire :
Samedi 23 octobre à 18h, Festival Diep-Haven, Criée du port de Dieppe / Visioconférence
Samedi 27 novembre à 14h, Université Paris 8, Salle A028 / Visioconférence
 
LECERF Éric et OGILVIE Bertrand
L’utopie
 
« En matière sociale, il n’y aurait de normal qu’une organisation où aucune norme de vie ne tirerait sa valeur normative de l’oppression des autres normes, où aucun sacrifice ne serait imposé au rebours de l’ordre des valeurs, ordre dont le nom est progrès. Dire qu’un tel état est utopique n’est pas lui retirer sa valeur de normal au contraire. L’utopie c’est le nom que prend en matière sociale le caractère d’exigence opposé à l’existence, de tout jugement normatif. » Georges Canguilhem, Cours de philosophie générale et de logique – 1942-1943, dans Œuvres complètes, t. IV, Paris, Éditions Vrin, 2015 p. 108.
L’utopie n’est pas seulement un genre littéraire et philosophique situé dans l’histoire. C’est une tendance fondamentale de la pensée qui accompagne et peut-être rend seule possible toute exigence de penser l’existence autrement, indépendamment de toute croyance dans la puissance des discours sur la société, sur son histoire, sur ses progrès. En marge de toute philosophie, de toute science sociale et de toute idéologie, elle est un champ libre d’expérience de penser qui seul permet de laisser émerger l’inédit, l’imprévisible, la rencontre et l’altérité sans lesquels vivre ne serait qu’une morne survie sous conditions. C’est à ce titre qu’il convient d’intégrer l’utopie comme pièce déterminante de toute théorie de la connaissance, situant sa problématisation au-delà d’une seule généalogie des discours sur l’émancipation.
 
Ce séminaire de recherche et d’expérimentation ouvert à de multiples rencontres commencera par deux séances préparatoires en fin de premier semestre dont les dates seront annoncées sur info-philo.
 

Indications bibliographiques :

  • Jean-Noël Vuarnet, Utopie et atopie, In Littérature, N°21, 1976. pp. 3-9.
  • Karl Mannheim, Idéologie et Utopie. Préface de Wolf Lepenies. Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2006.
  • Voyages au pays de nulle part (Editions Robert Laffont, collection Bouquin). Cet ouvrage contient 12 récits d’utopie, parmi les plus représentatifs, notamment celle de T. More, et celle de Campanella.
  • Dominique Desanti, Les socialistes et l’utopie. (Petite bibliothèque Payot).
  • Revue Esprit : L’Utopie, ou la raison dans l’imaginaire. (N° spécial, 4, Avril 1974).
  • Stéphanie Roza, Comment l’utopie est devenue un programme politique. Du roman à la Révolution, Classiques Garnier, 2007.
  • P. F. Moreau, Le récit utopique, droit naturel et roman de l’État, Paris, PUF.
  • Pierre Macherey, De l’utopie !, De l’incidence éditeur, 2011.
  • Miguel Abensour, Utopiques I, II, III, IV, Sens et Tonka.
  • Jacques Rancière, Sens et usages de l’utopie. In : Raison présente, n°121, 1er trimestre 1997. L’utopie. pp. 43-57.
  • Anders Fjeld, Repenser l’utopie avec Rancière, Expérimentations et suridentification au Familistère de Guise, dans Tumultes 2016/2 (n° 47), pages 157 à 172.
  • Jean-Luc Nancy, Que faire ?, Galilée, Paris, 2019.
  • Jacques Derrida, Que faire de la question « Que faire ? ».
  • Michel Foucault, Le corps utopique - Les hétérotopies, éditions Lignes, 2009.
  • Ernst Bloch, L’Esprit de l’utopie, Bibliothèque de Philosophie, Gallimard, 1977.
  • Nestor Capdevila, Equivoques et tourments de l’utopie. Un concept en jeu, Publications de la Sorbonne, Collection La philosophie à l’œuvre dirigée par Bertrand Binoche, 2016.
  • Martin Buber, Utopie et socialisme, Éditions l’Échappée, 2016
  • Jean-Louis Laville et Michèle Riot-Sarcey, Le réveil de l’utopie, Les éditions de l’Atelier, 2020.