ANGELINI Andrea, Philosophie biologique et épistémologie politique de l’écologie. Canguilhem dans le débat contemporain

Semestre 2
Jeudi 18h-21h
Licence, Master
 
ANGELINI Andrea
Philosophie biologique et épistémologie politique de l’écologie.
Canguilhem dans le débat contemporain
 
L’épistémologie historique a connu plusieurs applications dans différents domaines scientifiques : la physique-mathématique, la chimie, la biologie, la médecine, la technologie, les sciences sociales. Ce cours se propose d’utiliser l’épistémologie historique de Georges Canguilhem pour interroger le débat contemporain (scientifique et politique) sur l’écologie. Bien que Canguilhem ait parfois émis des réserves sur certaines visées des premiers mouvements écologistes des années 1960-70, sa perspective théorique demeure néanmoins très féconde pour élaborer une « épistémologie politique de l’écologie ». Même si Canguilhem partageait l’urgence d’aborder la question écologique, il rejetait pourtant toute solution exclusivement scientifique ou technocratique : les défis environnementaux (pollution, biodiversité, limite des ressources, contraintes de la reproduction sociale) engagent à la fois une réflexion philosophique et un questionnement politique. À partir d’une lecture des ouvrages les plus célèbres ainsi que d’écrits « mineurs », on s’attachera à montrer pourquoi ses recherches se révèlent encore aujourd’hui d’une grande actualité par rapport aux interrogations posées par la crise écologique : de la « philosophie biologique de la technique » à la formulation d’une « théorie générale du milieu » ; de la question de la spécificité des sciences biologiques et de leurs implications politiques à l’enchevêtrement (sans coïncidence) entre le social et le vital ; en passant par l’histoire et les transformations du concept de régulation et de ses applications dans les technologies gouvernementales. Ces thèmes présentent nombre de points en commun avec les débats des dernières décennies qui ont touché les sciences environnementales, notamment ceux autour de l’« Anthropocène » et du « Capitalocène ». On verra alors de quelle manière l’approche à la fois épistémologique et politique de Canguilhem permet une compréhension critique aussi bien de la crise écologique produite par l’industrialisation capitaliste globalisée que des asymétries politiques qui y sont impliquées.
 

Indications bibliographiques :

  • G. Canguilhem, La connaissance de la vie, Paris, Vrin, 1965.
  • ––––––––––, Le normal et le pathologique, Paris, P.U.F., 1966.
  • ––––––––––, Idéologie et rationalité dans l’histoire des sciences de la vie, Paris, Vrin, 1977.
  • ––––––––––, Œuvres complètes, vol. V, Histoire des sciences, épistémologie, commémorations 1966-1995, Vrin, Paris 2018.
  • Martin T. (dir.), Le tout & les parties dans les systèmes naturels, Vuibert, 2007.
  • Bonneuil C., Fressoz J.-B., L’événement anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Le Seuil, Paris 2013.