Workshop. Au-delà de l’archive. 19 juin 2021


Workshop
« Au-delà de l’archive »
19 juin 2021
Université Paris 8 en ligne
Visioconférence, ID de réunion : 821 6172 6599
 
 
À la suite d’une année de séminaire autour des « Rêves (L’archive entre poétique, politique et violence de l’histoire) », nous organisons une journée d’études ce samedi 19 juin 2021 afin de revenir sur les principales questions qui nous ont réuni·e·s et en réouvrir les enjeux. Cette journée d’études sera l’occasion pour les chercheur·e·s invité·e·s à y intervenir, d’émettre et discuter des propositions d’approches et des problématisations de recherche, depuis des points de vue inter- et transdisciplinaires et des études politiques. Une soirée de lectures viendra conclure la journée.

Le tournant archival n’a eu que peu d’impact en France en dehors des études féministes, des études de genre et en art, qui ont tour à tour alimenté et emprunté les références et les méthodologies de la microhistoire, de l’history from bellow, de l’archive orale et de l’archive vivante, tout comme l’analyse et l’enquête militante sont souvent considérées comme peu objectives. L’approche par une poétique et une politique de l’histoire, en associant l’analyse et la création réouvre le problème de l’archive. Elle permet de réfléchir depuis les marges, où l’approche au plan épistémologique peut être reliée à une approche politique et les récits et les parcours de vie à l’histoire et la mémoire collective.
La préoccupation accrue pour l’archive, si elle renvoie à un présent qui échappe, où le recours au passé, et la recherche des sources, ouvre à de nouvelles continuités, apportant avec lui son lot de répétitions, à la fois ouvre à des dimensions absentéisées de l’histoire. Avec elles, s’installent d’autres temporalités, d’autres généalogies et d’autres modalités du récit, où l’écriture est co-écriture, et les voix multiples. L’archive n’est alors plus seulement conservatoire mais le support d’une analyse réflexive à l’intérieur des contextes dont elle est issue. La praxis poétique ouvre ici un accès privilégié à l’archive, où la surface d’inscription de l’histoire et de la mémoire semble s’être étendue à mêmes nos subjectivités tel le bloc d’écriture de Freud qui avait passionné Derrida, où le processus de l’archive et celui du rêve se ressemblent : un incessant rappel à devenir.
Aussi, pour les pensées postmarxistes, le mouvement du rêve décrit par la psychanalyse n’était que l’une des expressions de la vie subjective, suivant une approche dialectique qui met l’accent sur la négativité, ou bien une ontologie plurielle. Il ne s’agissait alors plus d’une absence à soi dans la conscience mais de l’intégrité de l’expérience humaine. De là, les notions de souveraineté en création ou en psychanalyse ont laissé place à un questionnement renouvelé par les aventures de l’analyse institutionnelle, la socioanalyse narrative, l’anthropologie et la théorie critiques, les études politiques, les études féministes, les études de genre et des subalternités, et les inventions littéraires et en art.
En suivant la piste des rêves, on découvrira des figures de pensée qui furent incluses de façon subordonnée, dont ils restent porteurs de la charge émancipatrice, et quelques passages entre philosophie et création.
 
 
Programme
(Les horaires sont donnés en heure d’été à Paris UTC+2)
 
13h00Ouverture
 
  • Paola Bacchetta (UC Berkeley) : « Re-présences. Trois moments de réflexion »
14h00 — Chantiers (1ère partie)
 
  • Oreste Scalzone : « Retours d’histoire. Une chronique italienne »
  • Nicola Valentino (Coopérative Sensibili alle foglie) : « Les rêves des détenus de la prison de Palmi et la naissance de l’Archive des écrits, des manuscrits et de l’art ir-rité de la coopérative Sensibili alle foglie » – En italien et français. Traduction : Cosimo Lisi (AIAC-Paris 8)
  • Fatma Çingi Kocadost (CMH-EHESS) : « Rêves de femmes en Kurdistan »
16h30 — Chantiers (2ème partie)
 
  • Barbara Glowczewski (LAS-EHESS) : « Les lieux comme archives des rêves selon les Aborigènes d’Australie »
  • Marina Nebbiolo (Institut des Humanités Medfil) : « De la mémoire à l’imaginaire des lieux (Australie, Palestine, Italie) »
  • Esteban Radiszcz (LaPSoS-Université du Chili) : « Rêves en quarantaine au Chili »
19h00 — Chantiers (3ème partie)
 
  • Arianna Cecconi (ENSA-Marseille) et Tuia Cherici (Artiste multi-disciplinaire) : « Archives oniriques au Pérou et en France entre ethnographie et art »
  • Lucía Brienza, Bruno Carignano, Flavia Castro, Victoria Farruggia, Florencia Harraca, Leandro Levi, Cecilia Mc Donnell, Soledad Nívoli, Sofía Payaro, David Sibio, Julián Varela (CEPE-UNR) : « Une leçon beradtienne. Intervention en cinq actes et deux langues » — En espagnol et français
  • Isis Castañeda Capriroli (LCSP-Paris Cité / LLCP-Paris 8) : « Le rêve comme source singulière de créativité politique »
21h30 — Lectures
Avec les participations de Nina Živancevic, Eden Tinto Collins, Blaise Marchandeau-Berreby, Luciana Alonso, Jad Orphée Chami.
 
Facilitateur·trice·s : Béatrice Rettig (LLCP-Paris 8), Isis Castañeda Capriroli (LCSP-Paris Cité / LLCP-Paris 8), Pavel Abushkin (LLCP-Paris 8), Camille Fauroux (FRAMESPA-Toulouse II), Julie Alfonsi (LCSP-Paris Cité).
 

 
Groupe d’études politiques en réseaux
Département de philosophie de l’Université Paris 8
Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie LLCP-Paris 8
École Universitaire de Recherche (EUR) ArTeC
 
La Générale (Sortie de résidence)
39 rue Gassendi — Paris XIVe
https://lagenerale.fr
Présentiel sur réservation (le nombre de places est limité).