ALLIEZ Éric, BIRNBAUM Antonia. Deux entrées dans l’art contemporain : Cerith Wyn Evans, Philipp Guston
Semestre 1
Mardi 18h-21h
Master (ouvert L3)
ALLIEZ Éric et BIRNBAUM Antonia
Deux entrées dans l’art contemporain : Cerith Wyn Evans, Philipp Guston
Supposons que l’art contemporain est un espace en transformation de sa propre idée, étant donné que cette idée lui est toujours impropre. Échanges de l’art et du non-art, anti-art, coefficient d’art, ou peut-être même évanouissement de l’art : rien ne colle. Si l’on considère ce qui constitue « l’aujourd’hui » de cet espace, on peut distinguer deux registres : les incarnations représentatives du social sous la figure de l’art activiste ; le redéploiement d’« œuvres » pseudo-autonomes, à vendre et à acheter, sous la figure de formalismes en tous genres. Sauf qu’un espace en transformation n’est jamais accessible comme « tout le présent de ce qui se fait ». Il enveloppe des variétés hétérogènes, une série de variations que ne coiffe aucune cohérence, et qui ne s’avère comme contemporain qu’à même les fractures singulières qui le traversent.
Le contemporain est donc à l’épreuve de cas, et de la manière dont l’addition d’un cas à une série déjà constituée de cas remet en mouvement celle-ci. Un cas s’isole sous un nom d’artiste. C’est un nom pour l’afflux d’une quantité hétérogène de facteurs, dont la consistance est au croisement d’une destruction des données du présent et d’une recomposition *des forces aux prises avec l’infini, pour parodier Badiou, comme avec ce qui l’esthétise.
Ce séminaire de recherche prendra en charge deux cas. Celui de Cerith Wyn Evans, et sa manière, la plus queer qui soit, de brancher directement la saturation fantasmatique des images et des signes du capital (Warhol et le Pop) sur le jeu des lettres, du semblant exposé au réel (Duchamp et l’art conceptuel) et la théâtralité du minimalisme (Flavin, Stella). Celui de Philipp Guston, qui déboute l’abstraction expressive comme archive d’un processus subjectif dont elle procède, pour restituer aux objets eux-mêmes une seconde vie, une vie pulsionnelle, mutante, affichant des comportements déviants.
Y a-t-il une rencontre possible de ces deux cas ? Son improbabilité est à construire dans l’étude des œuvres.
Une bibliographie sera distribuée en début de séminaire.