KISUKIDI NADIA YALA, Bergson et la perception esthétique

2020-2021 — Semestre 1
Cours intensif (Début du cours : 10 mai 2021)
Licence ouvert Master

KISUKIDI NADIA YALA
Bergson et la perception esthétique

Dans la pensée bergsonienne, l’artiste est défini comme une individualité exceptionnelle. Ce qui le distingue, ce n’est pas la particularité d’un faire, mais une capacité de « détachement », soit l’aptitude à se déprendre de l’ensemble des médiations symboliques (langage) et matérielles (technique) à travers lesquelles la réalité est appréhendée en vue de l’action. Le détachement est la condition d’un rapport désintéressé au monde – certes propre à l’art, mais aussi à la philosophie chez Bergson. L’acte de la faculté esthétique est contraire à la « perception normale » de la réalité telle qu’elle est décrite dans Matière et mémoire : les opérations de la perception normale aboutissent à une « simplification pratique » de la réalité – exigence du primum vivere. Dans ce cours, il s’agira de revenir sur la théorie bergsonienne de la perception esthétique et d’interroger ses liens avec l’intuition philosophique. Pourra-t-on dire, en reprenant une formule de Ravaisson, que l’art, chez Bergson, est « une métaphysique figurée » ? Qu’est-ce qui distingue l’art de la philosophie ? Pourquoi la théorie de la perception est-elle capitale pour penser leur impossible fusion ?

Indications bibliographiques :

  • Henri Bergson, Matière et mémoire, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2008.
  • Henri Bergson, La pensée et le mouvant, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2009.
  • Henri Bergson, Le rire, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1993.
  • Nadia Yala Kisukidi, Bergson ou l’humanité créatrice, Paris, CNRS, 2013.
  • Caterina Zanfi, Bergson et la philosophie allemande (1907-1932), Paris, Armand/Collin, 2013. Frédéric Worms, Bergson ou les deux sens de la vie, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2013.