REVEL Ariane, Fictions politiques : philosopher à l’épreuve du récit

Semestre 2
Vendredi 9h-12h
Licence ouvert Master
 
REVEL Ariane
Fictions politiques : philosopher à l’épreuve du récit
 
En 1734, Lenglet-Dufresnoy introduit dans sa Bibliothèque des romans la catégorie du « roman politique ». Il s’agit là de fictions narratives à ambition philosophique qui entendent traiter de politique : utopies, romans pédagogiques, ou encore romans épistolaires qui reprennent le schème de « l’espion turc » dont les Lettres persanes fournissent l’exemple le plus marquant. Ces « romans » constituent une part non négligeable de la production philosophique sur la politique au xviiie siècle. Mais pourquoi se servir de récits fictionnels pour philosopher sur la politique ? On fera l’hypothèse qu’il ne s’agit pas là uniquement d’un choix d’agrément – procurer du plaisir au lecteur – ou de prudence – déjouer la censure –, mais que la fiction est le lieu d’une exploration méthodique des possibilités du récit comme déploiement et mise à l’épreuve spécifique des concepts de philosophie politique. En repartant de l’Utopie de Thomas More, on concentrera l’étude sur la période moderne et sur la manière dont les multiples déclinaisons de ces fictions politiques permettent de problématiser l’activité même du philosophe en politique, mais on ouvrira également des perspectives du côté de la littérature contemporaine.
 
Indications bibliographiques :
Thomas More, L’Utopie, Paris, GF-Flammarion, 2017 [1516].
Fénelon, Les Aventures de Télémaque, Paris, Gallimard « Folio », 1995 [1699].
Montesquieu, Lettres persanes, Paris, Livre de Poche, 2006 ou Folio plus classique (édition avec dossier), 2006, [1721].
Pierre-François Moreau, Le récit utopique, Paris, PUF, 1982.
Jean-Michel Racault, Nulle part et ses environs, Paris, Presses de la Sorbonne, 2003.