Prologue du séminaire sur l’utopie. 23 oct. et 27 nov. 2021

Nous sommes heureux de vous inviter à un prologue du séminaire « L’utopie » qui se tiendra au 2ème semestre 2021-2022 :

 

Le samedi 23 octobre 2021
de 18h à 20h
Festival Diep-Haven d’idées et de création contemporaine 2021
La criée. Port de Dieppe
26 rue Edouard Lavoine 76200 DIEPPE

« L’utopie à la Criée »

Avec les interventions de :
Bertrand Ogilvie (Paris 8), Frédéric Rambeau (Paris 8), Silvana Rabinovich (UNAM),
Alexander Neumann (Paris 8) et Eric Lecerf (Paris 8)

Visioconférence
Salle de visioconférence : 91211623117
Mot de passe : eXVZbFdHQVBpWi9BY1doUlZ3Y0dZUT09

 

Dans la Criée de Dieppe, lieu de vente aux enchères des poissons, où les produits de la mer sont vendus directement du producteur au mareyeur, et à l’invitation d’Eric Lecerf et Bertrand Ogilvie, cinq intervenants viendront débattre des utopies aujourd’hui. L’utopie n’est pas seulement un genre littéraire et philosophique situé dans l’histoire. C’est une tendance de la pensée qui permet de penser l’existence autrement, indépendamment de toute croyance dans la puissance des discours sur la société et son histoire. Elle est un champ libre d’expérience qui, dans la diversité des espérances auxquelles elle donne corps, ouvre un espace à l’inédit, à la rencontre, sans lesquels vivre ne serait qu’une morne survie sous conditions. En débattre, c’est s’inscrire d’emblée dans une altérité qui, des tribunes du passé jusqu’aux écrans du présent, implique une communauté ouverte.
C’est à l’initiative du département de philosophie de l’Université Paris 8 – Vincennes – Saint Denis et de son laboratoire, auxquels appartiennent les cinq intervenants, qu’est proposée cette rencontre L’utopie à la criée. Saint Denis à Dieppe, institution qui depuis sa création dans les suites immédiates de mai 68 n’a cessé de défendre cette faculté utopique contre les tendances dogmatiques et les reniements.

 

Le samedi 27 novembre 2021 à 14h
Salle A028

Université Paris 8 Saint-Denis
 
Visioconférence
Salle de visioconférence : 95289576177
Mot de passe : eXUzZERvWVJ2bzJtMkoxY0RIZkwvUT09
 
 

« En matière sociale, il n’y aurait de normal qu’une organisation où aucune norme de vie ne tirerait sa valeur normative de l’oppression des autres normes, où aucun sacrifice ne serait imposé au rebours de l’ordre des valeurs, ordre dont le nom est progrès. Dire qu’un tel état est utopique n’est pas lui retirer sa valeur de normal au contraire. L’utopie c’est le nom que prend en matière sociale le caractère d’exigence opposé à l’existence, de tout jugement normatif. » Georges Canguilhem, Cours de philosophie générale et de logique – 1942-1943, dans Œuvres complètes, t. IV, Paris, Éditions Vrin, 2015 p. 108.
L’utopie n’est pas seulement un genre littéraire et philosophique situé dans l’histoire. C’est une tendance fondamentale de la pensée qui accompagne et peut-être rend seule possible toute exigence de penser l’existence autrement, indépendamment de toute croyance dans la puissance des discours sur la société, sur son histoire, sur ses progrès. En marge de toute philosophie, de toute science sociale et de toute idéologie, elle est un champ libre d’expérience de penser qui seul permet de laisser émerger l’inédit, l’imprévisible, la rencontre et l’altérité sans lesquels vivre ne serait qu’une morne survie sous conditions. C’est à ce titre qu’il convient d’intégrer l’utopie comme pièce déterminante de toute théorie de la connaissance, situant sa problématisation au-delà d’une seule généalogie des discours sur l’émancipation.