LECERF Éric, Le sujet masqué du renoncement : introduction à l’écriture du paradoxe chez Kierkegaard

Semestre 1
Jeudi 12h-15h
Master ouvert Licence
 
LECERF Éric
Le sujet masqué du renoncement : introduction à l’écriture du paradoxe chez Kierkegaard
 
La première erreur concernant l’étude de la pensée de Kierkegaard consisterait à vouloir l’intégrer dans une histoire des idées qui ferait de lui une sorte de prophète d’un existentialisme dont les termes l’auraient sans nul doute autant amusé qu’intrigué. Qu’il y ait eu dans l’immédiate après-guerre, vis-à-vis du marxisme orthodoxe, un mouvement qui pouvait s’inspirer du combat mené par Kierkegaard contre la philosophie de Hegel, cela ne fait aucun doute. Mais que, pour autant, les questions posées au « moi », par les différentes tendances de l’existentialisme aient pu coïncider avec les tourments auxquels Kierkegaard ne cesse de soumettre le sujet cartésien, cela ne saurait aller de soi. La raison en est déjà le statut que Kierkegaard assigne à la pensée, et derrière elle aux divers registres d’écriture par lesquels il la met en scène, la philosophie n’étant elle-même qu’une scène parmi d’autres. Si la question du sujet n’est jamais dissociable de l’engagement qu’il produit au sein de sa pensée, cela tient de la sorte à une dynamique du renoncement qu’il nous faudra impérativement isoler de sa gangue théologique pour en retrouver toute la puissance poétique.
 
Indications bibliographiques :
Nous travaillerons de façon prioritaire les premiers textes que Kierkegaard a écrits après avoir achevé sa thèse de doctorat sur le concept d’ironie chez Socrate :
Ou bien… ou bien sur l’architecture duquel nous consacrerons nos premières séances,
La répétition (ou La reprise suivant les traductions) dans lequel nous retrouverons les bases de la dynamique du renoncement kierkegaardien,
Crainte et tremblement dont nous étudierons de larges extraits.