IRRERA Orazio, La philosophie comme diagnostic

Semestre 1
Vendredi 12h-15h
Master ouvert licence
1ère séance : Vendredi 7 octobre 2022
 
IRRERA Orazio
La philosophie comme diagnostic
 
Avec la participation d’Alessandro Falconieri et d’Aurèle Méthivier.
 
Au milieu des années 1960, dans le manuscrit inédit sur « Le discours philosophique », Michel Foucault qualifie la philosophie comme un discours qui à la fois pointe et désigne le « maintenant » où il se trouve situé, c’est-à-dire quelle région de l’espace, quel moment du temps et quel sujet parlant il met en jeu. C’est pourquoi, à la différence d’autres types de discours (celui de la science, de la littérature, du langage ordinaire et de l’exégèse religieuse), le discours philosophique entretient un rapport irréductible à ce « maintenant », ce qui fait du discours philosophique une entreprise de diagnostic censée restituer le type de rapport que la philosophie entretient avec l’actualité qu’elle pointe, en lui donnant par là son assise archéologique, c’est-à-dire autant son ordre et sa cohérence internes que ses discontinuités et ses mutations historiques. Après avoir élucidé en quel sens, d’après Foucault, le diagnostic de la philosophie consiste à dire « ce qui se passe aujourd’hui », ou encore à « dire la différence, l’écart » tels qu’ils marquent la tension singulière de la philosophie avec son présent, d’une philosophie « à l’écart de ce qui est le passé et le futur, à l’écart du présent lui-même », on se focalisera sur cette notion de diagnostic pour explorer comment, avant de s’inscrire dans une archéologie du discours philosophique, son opérativité conceptuelle tient à l’exigence, à sa manière « matérialiste », d’articuler la vie et la culture. Il sera alors question de reprendre la notion de diagnostic déjà mobilisée par l’archéologie du regard médical de Naissance de la clinique, et l’idée nietzschéenne d’interprétation (Auslegung) qui marquait alors la lecture foucaldienne de Nietzsche en tant que « médecin de la culture », avant même que celle-ci s’orientait de manière plus explicite vers la généalogie.
 
Indications bibliographiques :
M. Foucault, Naissance de la clinique, Paris, PUF, 1963.
M. Foucault, Les mots et les choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, 1966.
M. Foucault, L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969.
M. Foucault, Dits et écrits, vol. 1, 1954-1975, Paris, Gallimard, 2001.