GOLDBERG Andres, A quoi bon penser l’art ? Introduction au concept de critique immanente chez Walter Benjamin

Semestre 2
Lundi 15h-18h
Licence 1 – Cours mutualisé UFR ARTS (EC Approches des œuvres)
 
GOLDBERG Andres
A quoi bon penser l’art ? Introduction au concept de critique immanente chez Walter Benjamin
 
La philosophie d’inspiration romantique du jeune Benjamin livre une forme originale pour penser le rapport de la philosophie à l’œuvre d’art : le concept de critique immanente (die Kunstkritik). À différence de l’esthétique kantienne, la critique présentée par Benjamin ne cherche pas à juger l’œuvre en termes de goût – est-elle bonne ou mauvaise ? – mais à déployer la réflexion interne qui parcourt l’œuvre. Conçue comme pôle réflexif, l’œuvre s’avère capable de penser son appartenance à l’idée de l’art à travers l’ensemble de dimensions qui la constituent : conceptuelles, historiques, techniques, politiques et aussi esthétiques. Ce changement de perspective bouleverse le rapport historique de la philosophie à l’art : le critique n’est plus un juge, il est désormais « l’auteur élargi » de l’œuvre, sa fonction consiste à intensifier la forme de l’œuvre en multipliant les connexions avec d’autres œuvres.
Dans ce cours, nous allons étudier l’exposition du concept de Kunstkritik chez Benjamin, mettant en avant sa rupture avec le jugement esthétique kantien, pour ensuite penser son articulation avec d’autres formes critiques développées ultérieurement par Benjamin, notamment la traduction et la reproductibilité technique. Afin de saisir ce concept de manière vivante, nous allons travailler avec un corpus d’œuvres qui s’avèrent exemplaires du rôle joué par la critique dans la production artistique au XXe siècle. Nous analyserons en cours les œuvres « critiques » de Robert Smithson, Daniel Buren et Marcel Duchamp.
 
Indications bibliographiques :
Kant, Critique de la faculté de juger, trad. F. Alquié, Paris, Gallimard, Coll. « Folio essais », 1989
Walter Benjamin, Le concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, trad. fr., Paris, Flammarion, 2008
Walter Benjamin, « La tâche du traducteur » in Œuvre I, trad. fr., Paris, Gallimard, Coll. « Folio essais », 2000
Walter Benjamin, « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », in Œuvre III, 2000.
Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe, L’absolu littéraire, Paris, Seuil, 1978
Peter Osborne, Anywhere or Not At All, Londres, Verso, 2013
Georges Didi-Huberman, Devant l’image, Paris, Minuit, 1990