FALQUET Jules. Épistémologie. Le « point de vue situé » et l’imbrication des rapports sociaux de sexe, race et classe


Semestre 1
Mardi 9h-12h
Licence ouvert Master
 
FALQUET Jules
Épistémologie
Le « point de vue situé » et l’imbrication des rapports sociaux de sexe, race et classe
 
Ce séminaire propose, dès la Licence (avec des lectures spécifiques possibles pour les étudiant·e·s de Master), une réflexion épistémologique et politique sur la construction des savoirs. Il s’agira de réfléchir, à partir d’un ensemble de textes, aux rapports de pouvoir qui structurent la production de savoirs en philosophie tout autant que dans les sciences sociales. Le travail intellectuel, la réflexion, l’analyse, la disputatio ne se font pas dans le vide, ou grâce à un esprit universel et neutre. Bien au contraire, elles sont le fait de personnes et de groupes (mouvements sociaux, professionnel·le·s, expert·e·s…) incarné·e·s, intimement plongé·e·s dans un ensemble de rapports de pouvoir eux-mêmes co-construits dans des histoires et des géographies particulières, ainsi que dans des institutions et disciplines diversement structurées.
Dans un premier temps, en s’appuyant tout particulièrement sur le féminisme Noir d’Abya Yala et de Turtle Island et sur le féminisme matérialiste francophone, on s’intéressera à la question de l’intersectionnalité et à la notion de rapports sociaux de pouvoir et de leur imbrication. Dans un deuxième temps, on se penchera sur la construction d’une discipline et son institutionnalisation —l’exemple de la naissance de la sociologie à partir de la philosophie, en France, nous amènera à aborder le positivisme et la notion d’objectivité. On examinera aussi les logiques des révolutions scientifiques versus la patiente construction de connaissances par accumulation. Dans un troisième moment, on questionnera les biais androcentriques, ethnocentriques et de classe notamment, et ce qu’ils font à l’objectivité, avant de présenter les théories du point de vue situé. Enfin, on évoquera les questions d’éthiques et les chartes dont se sont dotées certaines populations autochtones notamment, ou certaines sociétés savantes, pour encadrer la recherche.
 
Eléments de bibliographie générale :
Asselin, Hugo ; Basile, Suzy, 2012. « Éthique de la recherche avec les peuples autochtones », Éthique publique, Vol. 14, n° 1.
Combahee River Collective, 2006 [1979]. “Déclaration du Combahee River Collective”. (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race”. Repères historiques et contemporains, Cahiers du CEDREF, n° 14, pp. 53-67.
Curiel, Ochy, 1999. « Pour un féminisme qui articule race, classe, sexe et sexualité », Nouvelles Questions Féministes, Féminismes d’Amérique Latine et des Caraïbes, Vol. 20, n° 3, pp. 39 - 62.
Falquet, Jules, 2020. Imbrication. Femmes, race et classe dans les mouvements sociaux, Paris : Le Croquant.
Juteau, Danielle, 1981. « Visions partielles, visions partiales : visions des minoritaires en sociologies. », Sociologie et sociétés, Vol. 13, n° 2, pp. 33-48.
Kebabza, Horia, 2006. « ‘L’universel lave-t-il plus blanc ?’ : « Race », racisme et système de privilèges », Les cahiers du CEDREF.
Mathieu, Nicole-Claude, 1991 [1985]. « Critiques épistémologiques de la problématique des sexes dans le discours ethno-anthropologique », in : L’Anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Paris : Côté-femmes Editions, pp. 75-127.