Chaire internationale de philosophie contemporaine de l’Université Paris 8 2025-2026 : Elettra Stimilli (Università degli Studi "La Sapienza" di Roma)


Chaire internationale de philosophie contemporaine de l’Université Paris 8
2025-2026
 
Elettra Stimilli (Università degli Studi "La Sapienza" di Roma)
 
 
Elettra Stimilli, professeure à l’Université La Sapienza de Rome, et titulaire de la Chaire internationale de philosophie contemporaine de l’Université Paris 8 en 2025-2026, donnera une grande conférence, intitulée "The Shock of the Comic : Resisting Melancholy in an Age of the Grotesque", introduite par Arnaud Laimé, le 16 février 2026, et deux séminaires, l’un en anglais, l’autre en français, de huit séances chacun de février à avril 2026, "The Reasons of Bodies and the Philosophical Discourse", et "La philosophie et son dehors. Un point de vue de genre".
 
Elettra Stimilli est professeure de philosophie à l’Université de Rome « La Sapienza ». Elle dirige les collections « Filosofia e Politica » et « MaterialiIT » aux éditions italiennes Quodlibet. Elle est également membre du comité scientifique de la collection « Political Theologies » des éditions Bloomsbury (Londres-New York), du comité de rédaction de la revue Political Theology (États-Unis) et du conseil d’administration de la revue Filosofia Politica (Il Mulino). Elle a enseigné à l’Ecole normale de Pise et effectué plusieurs missions d’enseignement et de recherche à l’étranger (Université d’Oxford, École Normale Supérieure de Lyon, École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, Université Cornell, Université de Chicago). Elle est l’auteure de nombreux essais consacrés à la relation entre religion et politique, avec une attention particulière aux liens entre la pensée italienne contemporaine et la production philosophique française et allemande récente. Parmi ses ouvrages, traduits en plusieurs langues : Il debito del vivente. Ascesi e capitalismo (2011, 2019), Debito e colpa (2015), Jacob Taubes. Sovranità e tempo messianico (2004, 2019). Elle est la traductrice et l’éditrice de la plupart des ouvrages de cet auteur publiés en italien. Parmi eux : Il prezzo del messianesimo. Una revisione critica delle tesi di Gershom Scholem (2017), dont elle a également édité l’édition allemande (K&N, Würzburg 2006). En 2023, elle a publié, chez Neri Pozza, Filosofia dei mezzi. Per una nuova politica dei corpi.
 
La conférence et les séminaires se tiendront à la Maison de la Recherche de l’Université Paris 8, campus de Saint-Denis. Ils seront également accessibles en visioconférence. Ils sont ouverts à tous, et sont validables dans le cadre des cursus d’étude par les étudiants de l’Université Paris 8.
Information auprès de Ariane Revel | Département de philosophie et Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie, Université Paris 8. Courriel : ariane.revel@gmail.com.
 
 

 
 
Conférence

Elettra Stimilli (Università degli Studi "La Sapienza" di Roma)
The Shock of the Comic :
Resisting Melancholy in an Age of the Grotesque

Introduction : Arnaud Laimé (Président de l’Université Paris 8)
 
 
 
16 février 2026 à 16h | Amphi MR002
Maison de la Recherche de l’Université Paris 8

Campus de Saint-Denis
2, rue de la Liberté – 93200 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)
 
 
The Shock of the Comic :
Resisting Melancholy in an Age of the Grotesque
 
Abstract :
While modern philosophy has largely developed as monological thinking – as a self-addressed discourse of an isolated, universal male subject whose sole purpose is to ’’being-towards-death” in the tragic sense – this lecture focuses on the role of the comic in interpreting history, and the difficulties it encounters in sustaining the shock that it produces particularly when politics take grotesque forms, as they do today. The aim is to explore the comic as powerful means of resisting the melancholy that can arise in an age of the grotesque. The work of three female interpreters of history from different fields will be discussed : Gillian Rose (philosophy), Elsa Morante (literature) and Anna Bravo (historical studies).
 
Le choc du comique
Résister à la mélancolie à l’ère du grotesque
 
Résumé :
Tandis que la philosophie moderne s’est essentiellement développée sur le mode d’une pensée monologique – c’est-à-dire du discours auto-adressé d’un sujet masculin isolé et universel dont la seule raison est d’« être-pour-la-mort », au sens tragique –, cette conférence s’attache au rôle du comique dans l’interprétation de l’histoire et aux difficultés rencontrées par ce concept lorsqu’il s’agit de soutenir le choc qu’il produit, tout particulièrement quand la politique prend des formes grotesques, comme c’est le cas aujourd’hui. L’objectif est d’explorer le comique comme un puissant moyen de résister à la mélancolie qui peut survenir dans une ère de grotesque. On discutera les travaux de trois interprètes féminines de l’histoire issues de différents champs : Gillian Rose (philosophie), Elsa Morante (littérature) et Anna Bravo (histoire).
 
 

 
 
Séminaires
 
 
 
 
 
Séminaire 1
Elettra Stimilli (Università degli Studi "La Sapienza" di Roma)
The Reasons of Bodies and the Philosophical Discourse
 
 
Mercredi 12h-14h (8 séances)
Maison de la Recherche de l’Université Paris 8

Campus de Saint-Denis
2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)
Le séminaire sera également accessible en visioconférence

– Mercredi 18 février 2026, 12h-14h, salle A2 201
– Mercredi 4 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Mercredi 11 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Mercredi 18 mars 2026, 12h-14h, salle G -2
– Mercredi 25 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Mercredi 1er avril 2026, 12h-14h, salle A2 201
– Mercredi 8 avril 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Mercredi 15 avril 2026, 12h-14h, salle A2 201

Bodies are all too often considered to be exclusively biological domains, but they have always been the sites of theoretical and political conflict. This course aims to identify the conceptual framework within which bodies feature in modern philosophical discourse.
Throughout much of Western cultural history, bodies have been viewed as a means of reproducing life and as a means of labour, considered to be part of a ’natural’ order. The course will focus on the role of ’means’ in the philosophical exploration of the purposes of reason, examining some classical texts by Kant, Hegel and Heidegger, as well as on the ’utopian’ condition of bodies as described by Foucault.
The question that will be addressed is whether the concept of ’means’ both reveals and conceals bodies.
This will open up a field of experience in which bodies are understood not simply as instruments for purposes outside themselves that sanction their subordinate nature, but as non-instrumental means of new forms of social reproduction and alternative ways of living.
The course will be held in English, will begin in the third week of February 2026 and will take place on Wednesdays from 12:00 to 14:00 for eight lessons.
 
Bibliography :
Immanuel Kant, Critique of Judgement. Translated by James Creed Meredith and edited by Nicholas Walker. Oxford University Press, 2007 : “Introduction” and “Appendix : Theory of the Method of Teleological Judgement”.
Georg Wilhelm Friedrich Hegel, The Science of Logic. Edited and translated by George di Giovanni. Cambridge University Press, 2010 : “Teleology”, pp. 651-669.
Martin Heidegger, Being and Time. Translated by Joan Stambaugh. State University of New York Press, 2010 : pp. 37-211.
Michel Foucault, “The Utopian Body.” In Sensorium : Embodied experience, technology, and contemporary art. MIT Press, 2006.
Elettra Stimilli, Philosophy of Means. Toward a new politics of bodies, Fordham University Press (Forthcoming) : Handouts will be provided during the lessons.
 
 
Séminaire 2
Elettra Stimilli 
(Università degli Studi "La Sapienza" di Roma)
La philosophie et son dehors. Un point de vue de genre

 
Vendredi 12h-14h (8 séances)
Maison de la Recherche de l’Université Paris 8

Campus de Saint-Denis
2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)
Le séminaire sera également accessible en visioconférence

– Vendredi 20 février 2026, 12h-14h, salle A2 201
– Vendredi 6 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Vendredi 13 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Vendredi 20 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Vendredi 27 mars 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Vendredi 3 avril 2026, 12h-14h, salle A2 204
– Vendredi 10 avril 2026, 12h-14h, salle A2 201
– Vendredi 17 avril 2026, 12h-14h, salle A2 204

La définition des concepts est la pratique philosophique la plus ancienne. Elle implique de manière plus ou moins explicite l’identification d’un « dehors » impensable ou impensé, et propose à nouveau la relation entre « foi » et « raison » comme un défi de notre époque. Ce cours vise à réfléchir à cette pratique d’un point de vue de genre, en partant d’une critique du point de vue neutre de « l’Homme » en tant que sujet pensant.
« Penser, écrit Deleuze, n’est ni un fil tendu entre un sujet et un objet, ni une révolution de l’un autour de l’autre. Penser se fait plutôt dans le rapport du territoire et de la terre ».
En hommage à Deleuze, à quelques mois du centenaire de sa naissance, ce cours vise à réfléchir, en premier lieu, à la relation intime entre philosophie et géographie qui émerge dans l’ouvrage de Deleuze et Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?. L’approche géographique de la pratique philosophique de la création de concepts proposée dans cet ouvrage permet de comprendre que la géographie n’est pas étrangère à la philosophie, et rend possible l’identification d’un plan transversal qui remet en question le plan plus canonique de la succession historique, dont Hegel a été le plus grand interprète à l’époque moderne. « Géophilosophie » est le nom donné à cette pratique dans Qu’est-ce que la philosophie ?.
La première partie du cours sera consacrée à une lecture croisée du chapitre « Géophilosophie » de Qu’est-ce que la philosophie ? et de l’Introduction aux Leçons sur la philosophie de l’histoire de Hegel. Selon Deleuze et Guattari, la géographie arrache l’histoire à la prétention hégélienne d’une progression inévitable et univoque entretenant une relation ambiguë avec des origines supposées « naturelles », en traçant des lignes de fuite, des passages inédits et des détours soudains altérant l’ordre du temps et renversant les rapports de force.
La deuxième partie du cours se concentre sur le point de vue de genre. Elle vise à réfléchir en quel sens « l’Histoire est le résultat d’actions patriarcales », comme l’affirme Carla Lonzi dans Sputiamo su Hegel (Crachons sur Hegel), et de quelle manière la « philosophie » a contribué de manière déterminante à exercer la « violence épistémique » coloniale qui a caractérisé l’histoire occidentale, à travers la construction d’un récit visant à « glorifier la mission sociale du colonisateur », selon Spivak dans A Critique of Postcolonial Reason (Critique de la raison postcoloniale). Aujourd’hui plus que jamais, une nouvelle utilisation de la pratique philosophique ne peut ignorer tout cela.
Le cours, dispensé en français, débutera la troisième semaine de février 2026 et se tiendra tous les vendredis de 12h à 14h, pour huit leçons.

Bibliographie :
G.W.F. Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire, Paris, Vrin, 2000 : Introduction.
G. Deleuze e F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Les Éditions de Minuit, 2013 : « Géophilosophie ».
Carla Lonzi, Crachons sur Hegel. Une révolte féministe, Editions Etérotopia, Paris 2017.
Gayatri Chakravorty Spivak, Les subalternes peuvent-elles parler ?, Paris, Editions Amsterdam/Multitude, 2009.
Gayatri Chakravorty Spivak, A Critique of Postcolonial Reason. Toward a History of the Vanishing Present, Harvard University Press, New York 1999 : Chapter One, « Philosophy ».
Elettra Stimilli, « Debt Economy and Faith. Philosophy in The Age of Terror », in Diacritics, Vol. 47, Nr. 2, 2019, p. 4-21.