CANY Bruno, COHEN-HALIMI Michèle, Le théâtre de la pensée (III) : Platon

Semestre 1
Vendredi 12h-15h
Licence ouvert Master
 
CANY Bruno, COHEN-HALIMI Michèle
Le théâtre de la pensée (III) : Platon
 
Il nous faut repartir de cet écart qui existe entre l’écriture de Platon et la lecture que nous en faisons. Ecart d’autant plus spectaculaire qu’il a semblé longtemps occulté du fait que l’on tenait pour insignifiant, d’un point de vue philosophique, l’extraordinaire qualité littéraire de son œuvre. A la décharge de la tradition philosophique, cet écart est probablement l’aporie la plus fondamentale de l’œuvre platonicienne : philosophe-artiste dans son écriture, Platon est un philosophe-scientiste dans sa visée. Il est donc urgent de le prendre en compte et de l’interroger.
Par ailleurs, cela fait longtemps que l’on a remarqué que Platon avait élaboré sa philosophie en contre de la sophistique (en se gardant toutefois de leur attribuer ce qu’il leur doit probablement : son anthropologie et sa conception du muthos). Mais ce que l’on sait moins, et il revient à J. Taminiaux de l’avoir mis à jour, c’est que la Philosophie platonicienne se construit tout autant en contre de la tragédie ! Or cette découverte permet de comprendre que la scène de la pensée n’est pas pour Platon une métaphore ; et que le théâtre de la vérité, bien que virtuel, n’est pas une abstraction. Qu’il possède même la concrétude nécessaire à l’élaboration et au développement de l’éthique.
 
Indications bibliographiques :
Platon, République et Philèbe.
Aristote, La Poétique.
H.G. Gadamer, L’éthique dialectique de Platon, éd. Actes Sud 1994.
J. Taminiaux, Le théâtre des philosophes, éd. Million, 1995.