RENAULT Matthieu et SIBERTIN-BLANC Guillaume, L’animal politique : point de vue bestial sur l’histoire globale

Semestre 2
Mardi 9h-12h
Master ouvert Licence
 
RENAULT Matthieu et SIBERTIN-BLANC Guillaume
L’animal politique : point de vue bestial sur l’histoire globale
 
Qu’auraient pu raconter les oies du Capitole de l’assaut des Gaulois contre Rome narrée par Tite-Live dans son Histoire romaine ? Qu’est-ce que les chevaux de l’armada de Cortés auraient pu nous apprendre de la colonisation des Amériques ? Quels témoignages les chiens chasseurs d’esclave auraient-ils pu nous laisser sur les réalités de la vie sur les plantations nord-américaines ? Qu’auraient eu à dire les baleines chassées sur les océans du monde entier à propos de l’expansion du capitalisme et des conflits impérialistes ? Comment les rats des bas-fonds de la ville de Chicago auraient-ils pu nous instruire sur les mécanismes souterrains de la ségrégation raciale ? Ces questions, au premier abord extravagantes, prennent sens à la lumière des travaux récents conduits dans le champ de l’éthologie et des animal studies qui ont étendu les épistémologies du point de vue (standpoint) au règne animal. Plongées dans un bain social et politique auquel elles semblent souvent être réfractaires, ces approches laissent entrevoir la possibilité de récrire et repenser des séquences d’une histoire globale d’un point de vue non-humain. C’est cette tâche que nous nous proposons d’initier dans ce cours, sous la forme expérimentale d’un travail de recherche et d’écriture collectives mené en groupe par les étudiant.es tout au long du semestre.
 
Indications bibliographiques :
Grégoire Chamayou, Les chasses à l’homme, Paris, La fabrique, 2010.
Vinciane Despret, Habiter en oiseau, Arles, Actes Sud, 2019.
Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, Arles, Actes Sud, 2020.
Herman Melville, Moby Dick, Paris, Gallimard, 1980 (1851).
Luis Eduardo Valcárcel, Tempestad en los Andes, Lima, Editorial Universo, 1972 (1927).