Edouard THOUMIRE

Doctorant du LLCP-Paris 8 (direction de recherche : Ninon Grangé) en co-direction à l’EHESS (co-direction : Frédéric Brahami)

Mes recherches s’ancrent dans les rares et brèves réflexions que Hannah Arendt a consacrées à l’expérience de l’amitié. Celles-ci me semblent porteuses d’une conception féconde du rapport spécifiquement politique à autrui : il s’agit d’accueillir la présence de celui-ci non seulement par-delà la distribution des identités, des fonctions et des rôles propre à l’espace social, mais également par-delà toute thématisation (Levinas), c’est- à-dire en renonçant à considérer ce que l’autre est. Au lieu de cela, celui-ci doit apparaître par son action comme le commencement possible et embryonnaire d’un monde en rupture avec celui au sein duquel l’on se meut. L’approfondissement de cette perspective m’invite à articuler les thèses sur l’amitié et sur le rapport à l’altérité qui ont émergé au XXe siècle (Levinas, Blanchot, Weil, Derrida) avec une partie des textes de Jacques Rancière dans lesquels celui-ci développe l’idée d’une pratique de la politique comme interruption de la distribution habituelle et inégalitaire des places et des parts (la police).

Contact : edouard.thoumire@gmail.com

Formation :

Contrat doctoral de philosophie Université Paris 8 (Saint-Denis)
Directrice : Ninon Grangé (Paris 8)
Titre provisoire de la thèse : Qu’est-ce que l’amitié politique  ?

2013 : Master 2 d’études politiques EHESS (Paris)
Mention Très bien
Note du mémoire : 18
Directeur : Bruno Karsenti
Titre du mémoire : La Philia des amis contre celle de la cité : Comment la concorde a été pensée contre l’amitié dans la philosophie politique de Platon et d’Aristote

2011 : Master 1 de philosophie Université Paris 8 (Saint-Denis)
Mention : très bien
Note du mémoire : 18
Tuteur : Alain Brossat
Titre du mémoire : L’Amitié et le politique

Publications :

  • Le boisseau de sel : qu’est-ce que l’amitié politique ? (éditions La robe noire), 2017, 111 p.
  • « L’amitié contre le social : l’amour du prochain et l’amitié chez Hannah Arendt », à paraître dans la Revue philosophique de la France et de l’étranger, Paris, Presses Universitaires de France, 10/2020 (N°4)
  • « “Les lois seules de l’amitié suffisent” : La politique des confidences amicales dans La nouvelle Héloïse » dans Les confidences ou l’intime partagé, Éditions Universitaires de Dijon (coll. « Écritures »), 2019, p. 49-58.

Interventions :

  • « De la communauté d’Adam à la communauté du Christ : la source augustinienne de l’amitié politique chez Hannah Arendt » : intervention lors de la journée d’étude sur « La théorie critique française » organisée le 22/05/2019 par le Laboratoire de Changement Social et Politique (Université Paris 7).

Enseignement :

Janvier 2019 – Juin 2019
Université Paris 8
Mission d’enseignement de 32h équivalent TD. Niveau des étudiants : Licence et Master

Semestre 2 : La politique de l’amitié de Hannah Arendt

Tout en proposant une introduction à l’œuvre de Hannah Arendt, je souhaitais montrer aux étudiants que les notions que nous rencontrions chemin faisant (l’espace de l’apparence, la puissance, l’action concertée, la pluralité, l’opposition entre la politique et le social, etc.) gagnaient en clarté et en radicalité en étant mises en perspective avec la conception exigeante et complexe de l’amitié politique que fut celle de l’auteure.

Université de Rouen
Septembre 2017 – Juin 2018
Université Paris 8
Mission d’enseignement de 64h équivalent TD. Niveau des étudiants : Licence et Master

Semestre 1 : La politique des amitiés contre la politique des entités

À l’appui de textes antiques (Aristote, Platon et Cicéron) et modernes (La Boétie, Hobbes, Rousseau et Saint- Just), j’ai souhaité montrer que la philosophie politique était travaillée par une tension jamais résolue entre une politique des amitiés et une politique des entités (Cité, Empire, République, État, etc.) : d’un côté, une pensée politique ajustée aux dynamiques et aux exigences de l’amitié ; de l’autre, une tentative de penser la politique en canalisant, voire en refoulant l’expérience amicale.

Semestre 2 : L’amitié par-delà les fausses oppositions de la philosophie politique

Je me suis appuyé sur des auteurs contemporains (Arendt, Levinas, Weil, Blanchot, Bataille, Nancy et Derrida) pour essayer de déterminer quelques problématiques propres à la politique des amitiés. Il s’est d’abord agi de faire l’examen critique d’une conception fusionnelle de l’amitié. Celle-ci est héritée d’une certaine lecture d’Aristote et irrigue aussi bien la philosophie politique classique en tant qu’elle conçoit la communauté comme une entité homogène à gouverner, qu’une partie de la pensée radicale des trois dernières décennies qui voit dans l’amitié l’expérience de "la continuité entre les êtres" et donc du communisme (Comité Invisible). Au lieu de cela, j’ai essayé d’extraire de la pensée contemporaine et des événements récents ce qui encourageait à penser l’amitié comme l’expérience d’une distance entre les subjectivités, une distance au sein de laquelle émergent des rapports et des mondes communs.

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