Semaine d’accueil : Introduction à la philosophie à Paris VIII. 26-29 sept. 2017

SEMAINE D’ACCUEIL
 
 ! La présence des étudiants entrant en première année de licence est obligatoire. La participationà la semaine d’accueil valide l’EC « Outils pour le travail de recherche et de création » !
 
Du 25 au 29 septembre 2017
Salle A028
1968
 
Vivre et philosopher un demi siècle après mai 68 ?
Présentation de Patrice Vermeren
 
On ne peut pas penser l’après-coup philosophique de mai 68, et singulièrement la naissance du département de philosophie de l’Université de Vincennes et son devenir aujourd’hui à Saint-Denis, sans les resituer dans le contexte des évènements, dont Jacques Rancière a rappelé que ce n’était pas l’insurrection d’une jeunesse désireuse d’en finir avec un vieux monde qui l’empêchait de jouir des biens de consommation offerts par le capitalisme, mais un moment d’espérance révolutionnaire avec des mots d’ordre anticapitalistes et antiétatiques. « Un moment, ce n’est pas simplement une division du temps, c’est un autre poids jeté dans la balance où se pèsent les situations et se comptent les sujets aptes à les saisir,c’est l’impulsion qui déclenche ou dévie un mouvement : non pas un simple avantage pris par une force opposée à une autre, mais une déchirure du tissu commun, une possibilité de monde qui se rend perceptible et met en cause l’évidence d’un monde donné ». D’une part, cet après coup s’inscrit dans l’histoire des années 1960, et de ses (re)lectures de Marx, Nietzsche et Freud ; mais d’autre part il en est la remise en cause inattendue, jusqu’à l’interrogation portée sur l’institution philosophique elle-même. Ensuite les projets de liquidation de l’esprit et de l’héritage de Mai 68 ne cesseront de nourrir ceux d’une restauration philosophique, mais aussi – question destinée à demeurer question, dans l’hypothèse d’une liquidation de la liquidation - de produire des effets de résistance, d’appeler à interrompre à nouveau les années philosophiques et de créer des avenirs imprévus pour l’existence de la philosophie en France et celle de la communauté philosophique de Paris 8. S’il s’agit de combattre l’ordre philosophique dominant,comment y construire, hors de toute résignation,des lieux à part qui lui échappent et tracer des chemins qui ouvrent à la possibilité d’un autre monde ?
 
 

Programme

MARDI 26 SEPTEMBRE

12 :30 – 13 :30 Éric Lecerf : Introduction.

13 :30 – 15 :00 Éric Alliez : L’impossible révolution de 1968.

15 :00 – 16 :30 Isabelle Launay et Sylviane Pagès : Mai 1968 en danse.

MERCREDI 27 SEPTEMBRE

09 :30 – 10-30 Micol Bez : 1968, Corollaires politiques d’une épochè. Quel geste critique pour inaugurer une solidarité des ébranlés ?

10 :30 – 11 :30 Jess Saxby : Quelle pertinence contemporaine de l’Internationale situationniste ?

11 :30 - 12 :30 Sina Badiei : Mai 1968 du point de vue du marxisme et du post-marxisme (Ernest Mandel et Alain Badiou). Au-delà de la subjectivité événementielle et du prolétariat.

13 :00 – 14 :00 Mara Montanaro : Mai 1968. La parole explosée. Philosophie et féminisme.

14 :00 – 15 :00 Orazio Irrera : ‘Une expérience à fond’. Le 68 de Michel Foucault entre Tunis et Paris.

15 :00 – 18 :00 Séance autour de la traduction française de « Politics of the veil » de Joan Scott par Joëlle Marelli, en présence de Joan Scott, avec Joëlle Marelli et Éric Fassin, coordonnée par Yala Kisukidi et Bertrand Ogilvie en collaboration avec le département d’études de genre de Paris 8 et les éditions d’Amsterdam.

JEUDI 28 SEPTEMBRE 

09 :30 – 12 :30 Ludivine Bantigny et Maria Kakogianni : « Spectre de 68 », table-ronde modérée par Matthieu Renault.

13 :30 – 15 :30 Bertrand Ogilvie et Julia Christ : La révolution est-elle destinée à être toujours confisquée et à buter sur sa propre violence ?

15 ;30 – 17 :00 Thierry Briault : 68 et l’art contemporain.

VEBDREDI 29 SEPTEMBRE

09 :30 – 10 :30 Frederico Lyra : 1968-2017. Qu’est-ce qui demeure de la dictature brésilienne d’après Paula Arantes ?

10 :30 – 11 :30 Sacha Carlson : Marc Richir en mai 1968. Prolégomènes à une phénoménologie du politique et de la contestation.

11 :30 – 12 :30 Angelo Vannini : Pasolini en mai 1968. Métalégomènes à une écriture chaotique.

13 :30 – 15 :00 Charles Ramond : « 1968-2018 : cinquante ans après, que reste-t-il des trois grands livres de 1968-1969 sur Spinoza : Martial Gueroult, Spinoza 1  ; Alexandre Matheron : Individu et communauté chez Spinoza  ; Gilles Deleuze : Spinoza et le problème de l’expression  ?

15 :00 – 16 :30  Plinio Prado : Fidélité et infidélité politique à l’intraitable. Mai 68 et la chose unheimliche.