MONTANARO Mara. Histoire de la philosophie et différence des sexes. Genèse et structure d’un objet « paradoxal » de réflexion théorique

Semestre 1
Jeudi 18h-21h
Licence, Master

MONTANARO Mara
Histoire de la philosophie et différence des sexes. Genèse et structure d’un objet « paradoxal » de réflexion théorique

Ce cours se propose d’opérer une sorte de balayage de l’histoire de la philosophie occidentale, depuis ses origines grecques, pour se demander sous quelle forme, à quelle place et à quel moment la différence des sexes apparaît comme objet philosophique. Il sera question de voir si la sexuation du sujet est déterminante pour l’élaboration de la pensée philosophique ou bien si celle-ci transcende cette catégorie.
Longtemps on a enseigné les philosophes en occultant ou en méconnaissant leurs prises de position sur la question des femmes et des rapports de sexes : omission délibérée ou plutôt négligence à l’égard de positions tenues pour secondaires comparées aux enjeux majeurs de la pensée.De Platon à Derrida, la question des sexes est généralement réduite à la question des femmes, comme si celles-ci constituaient une particularité problématique par rapport d’une part à la neutralité supposée du sujet pensant identifié au masculin et, de l’autre, à la normalité de l’humain incarnée biologiquement par les hommes. Ce qui atteste d’ailleurs du caractère masculin persistant du Cogito. Il sera donc question de montrer comment les analyses varient, d’un siècle à l’autre, d’un penseurà l’autre, chacun apportant des correctifs ponctuels au maillage complexe de cette structure, sans cependant la bouleverser.
Enfin, à travers les perspectives de Simone de Beauvoir, Françoise Collin et Michèle Le Doeuff nous tenterons d’analyser dans quelle mesure la philosophie peut être redéfinie par la critique féministe autant dans ses modalités de réflexion que dans celles de fabrication de ses concepts, au fur et à mesure que la critique féministe force la philosophie à repenser ses méthodes, son histoire à partir des pratiques quotidiennes, des rapports qu’elles entretient d’une part avec les autres disciplines, de l’autre avec les mouvements militants féministes depuis la moitié du XXème siècle.

Indications bibliographiques :

  • Antonia BIRNBAUM, « Nous femmes », in Egalité radicale. Diviser Rancière, Paris, Éd. Amsterdam, 2018
  • Simone DE BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, Paris, Gallimard, 1949
  • ____________, Pour une morale de l’ambiguïté, Paris, Gallimard, 1962
  • LES CAHIERS DU GRIF, Provenances de la pensée. Femmes/philosophie, n. 46, 1992 (https://www.persee.fr/issue/grif_0770-6081_1992_num_46_1)
  • Françoise COLLIN, Evelyne PISIER, Eleni VARIKAS, Les femmes de Platon à Derrida, Paris, Dalloz, 2011
  • Françoise COLLIN, Le différend des sexes, Paris, Éditions Pleins Feux, 1999.
  • Rada IVEKOVIC, Le sexe de la philosophie. Essai sur Jean-François Lyotard et le féminin, Paris, l’Harmattan, 1997
  • Michèle LE DOEUFF, L’Étude et le Rouet. Des femmes, de la philosophie, etc., Paris, Seuil, 1989
  • Nicole LORAUX, Les enfants d’Athéna. Idées athéniennes sur la citoyenneté et la division des sexes, Paris, Seuil, 2007